« Un voyage inorganisé

 

Il faut entrer dans la peinture d' Emmanuel EKOTTO MENGATA sans a priori de classification picturale, comme on part pour un de ces voyages inorganisés qui révèlent à chaque pas des découvertes.


Voilà un homme (...) ayant reçu une formation d'architecte d'intérieur, ayant été épargné par les écoles académiques et normatives des Beaux-arts mais qui fait preuve d'une étonnante maîtrise technique du dessin, de la couleur et de la composition. Chacun de ses tableaux est comme un livre dont on aperçoit tout d'abord la couverture rutilante : personnage ou animal, panthère, tigre, rascasse tropicale, serpent ou visage africain. Puis on feuillette les pages et on découvre les strates de l'histoire, figures humaines ou animales dans une sarabande à la Chagall ou Jérôme Bosch, esquissant des images, comme celles que l'on découvre dans les nuages du ciel ou les volutes de fumées. On peut rester ainsi de longues minutes devant une toile que l'on aimerait bien se faire raconter par le peintre, peut-être pour se sentir rassuré par une réduction simple du tableau à une intention première.


Mais la peinture d'Emmanuel intègre aussi le temps, les mois nécessaires à l'édification des strates de l'oeuvre, de sorte que le peintre lui même, ayant considéré sa tâche à peu près terminée, serait bien en peine de faire la synthèse d'un rêve d'où il vient de sortir. Le résultat ravit tout le monde, les techniciens qui admirent la maîtrise, les enfants qui entrent dans la vision enchantée, les chercheurs de sens comme les humoristes.


Celui qui se définit avec ironie comme mi-celte mi-bantou est, non seulement, un peintre inspiré mais un théoricien qui en trente ans de pratique, a su relier les fils de tout ce qui constitue l'oeuvre d'art, qu'elle soit peinture, musique, ou poésie; Il regarde le public dans les yeux comme des êtres vivants qui se détachent de ses tableaux. Il lui murmure :" Il n'est de début que celui que l'on se donne, il n'est de fin que celle de ses propres limites ", traduisant la modestie de tous ceux qui, ayant la chance du don qui leur permet de transcender la condition ordinaire, savent d'instinct s'adresser à l'humanité. »

 

                      Jean-Marie Duten - Sept. 1998

 

 

 

zoom sur "la rascasse à la cerise" (détail)
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